ÉTAGE 19: suite…

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… l’équipe de guerrières Géorgiennes est à présent dans le taxi.. pour continuer cette journée, je me retrouve convoqué à huit-clos par un des médecins hématologue du service, que j’ai déjà croisé une fois, pas mon hématologue attitrée mais un autre + la nouvelle interne que vous avez découverte dans un étage précédent avec cette jolie voix qui m’annonce des nouvelles sympas + une externe + une infirmière, sûrement la “responsable” des infirmières du service.
Pour me parler de mon état, de mes 15 jours de descente aux enfers, de mes ressentis, de mes analyses qui ne sont pas franchement bonnes pour attaquer la chimio 4, que je vais rester là en observation pour d’autres prélèvements, scanners et analyses qui nous dirons quoi faire par la suite… mais cela me paraissait à vrai dire bizarre de me retrouver en face de 4 personnes “juste” pour parler de mon état de santé, jusqu’à présent une seule personne mais la bonne était suffisante.

“Nous souhaitons vous parler d’une affaire plus “médiatique” que “médicale” en rapport à des droits à l’image non respectés sur votre blog, le service juridique me charge de vous dire de supprimer toutes les photos, vidéos et bande sonores pouvant nuire à ce droit à l’image déterminé par les HCL. Nous avons été choqué, ce ne sont pas des manières de faire, c’est la première fois que nous avons ce genre de cas, bla-bla-bla. “

Je me suis retrouvé comme un gamin de 15 ans devant un conseil disciplinaire comme quoi soit disant j’aurai collé des chewing-gum sous le bureau de ma voisine de classe, gna-gna-gna.
Irréel.
Mais où suis-je ?
Devant mon équipe censée me soutenir dans cette épreuve ?
Ou devant le service juridique des HCL ?
Ni l’un ni l’autre justement.
Un mélange des genres qui me déplait forcément.

Je demande à recevoir par écrit la liste des éléments à supprimer, et je dois me contenter pour réponse d’un:
“il serait plus prudent d’en rester à ces données orales que d’attendre un courrier de notre service juridique”.
J’aurai eu un colt que l’affaire se serait réglée directement dans les couloirs d’hémato, un bon vieux duel à l’ancienne, entre hommes, mais malheureusement on est en 2019.

À FOND LA FORME

Ce n’est pas le fond qui me gène, c’est la forme.
Si j’ai enfreins des règles/lois en matière de propriété d’image, je veux tout à fait bien entendre qu’il faille rectifier le tire.
Sachant que tout cela part d’une bonne intention, je n’ai même rien fait pour cacher l’existence de ce blog, taguant même l’Hôpital Lyon Sud – HCL dans certains posts (!), mais suis-je encore un rare naïf dans ce monde pour croire encore à la “bonne intention” qui suffit ?!
Quel con.
J’ai même pensé bêtement un instant qu’on aurait pu “travailler” ensemble ; avec eux dépoussiérer et dynamiser le secteur et me voilà au plus bas point de mon état physique à devoir me confronter à la plus haute administration.

Donc forcément le ton monte avec le monsieur, car oui je l’imagines, en réunion le matin même, débattre du “problème médiatique”, je le vois spontanément accepter de se “charger de mon cas”, car son égo en première ligne aime ce type de démarche, il m’a pris de court et à un niveau d’anémie tellement sévère qu’il m’a empêché de réagir dignement, mais il a franchis la barrière de l’incongrue, de l’abstrait, du respect et donc de ma confiance.

Mon rythme cardiaque n’avait pas besoin de monter dans les tours, surtout face à mes “guérisseurs”.
Je leur rappel l’absurdité de cette conversation compte tenu de mon état, du cadre dans lequel nous sommes.
Ils acquiescent mal.
Moi j’encaisse moins.

L’effet Streisand vous connaissez ?

“C’est un phénomène médiatique au cours duquel la volonté d’empêcher la divulgation d’informations que l’on aimerait garder cachées — qu’il s’agisse de simples rumeurs ou de faits véridiques — déclenche le résultat inverse.
Par ses efforts, la victime de l’effet Streisand encourage malgré elle l’exposition d’une publication qu’elle souhaitait voir ignorée. Il s’agit donc à proprement parler d’un « effet pervers »1. Sources Wikipédia.

Intéressant n’est-ce pas ?

Heureusement, pour clôturer cette longue journée, et suivant les conseils de ma soeur ma merveille, mon hématologue attitrée, une femme super, à bien voulu revenir avec moi sur cet incident et nous nous sommes entendu à merveille.

Comme quoi, la forme est une question de bon fond.

#jusquicitoutvabien #fuckcancer #lymphomegohome

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